Barrette
Navigation

29 mai 2020 : Réunion d'information Covid-19 - Intervention du Ministre Vervoort

Mesdames, Messieurs les Députés,

Je vous remercie pour vos questions.

 

  • POUR LE SECTEUR DE L’AIDE AUX PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP, je voudrais en tout premier lieu revenir avec plus de précision sur les différentes mesures d’urgence qui sont passées au Gouvernement du 14 mai dernier. C’est 1.960.000 euros qui ont été débloqués afin de payer les compléments de salaire des travailleurs qui sont restés confinés en centres d’hébergement, ainsi que pour rencontrer les frais supplémentaires d’hygiène et de nourriture de ces centres. C’est aussi 2 nouvelles places de répit qui ouvriront à Intermaide du 1er juillet au 31 décembre, et 10 travailleurs supplémentaires en services d’accompagnement qui viendront en soutien des familles pour de nouvelles prestations d’extra-sitting et de loisirs. Comme vous, j’ai été particulièrement touché par la campagne de sensibilisation du GAMP : les aidants proches et les familles avec enfants porteurs d’un handicap ont particulièrement souffert pendant ce confinement. Il nous revient  de dégager des moyens pour alléger leur charge.

  • Nous continuons de suivre la situation au jour le jour avec le secteur afin de rester au plus près de ses demandes et de ses inquiétudes. Un conseil consultatif se tiendra d’ailleurs mercredi prochain, et les contacts réguliersentre mon cabinet, l’Administration, le secteur, les syndicats et les représentants des usagers se poursuivent. 

  • Concernant le matériel de protection, Iriscare a aujourd’hui distribué 141.855 masques, 675 paires de gants, 243 visières, 158 gels hydroalcooliques et 110 blouses jetables.  A cela s’ajoute le matériel que les opérateurs ont acheté eux-mêmes dans le cadre de leurs subsides extraordinaires.

 

  • Pour ce qui est des testings, tous les centres d’hébergement ont désormais été testés. Il y a deux semaines, il nous manquait encore les résultats des 4 derniers centres d’hébergement, et aucun nouveau cas d’infection n’a été révélé. Pour rappel, suivant les recommandations de Sciensano et de la taskforce bruxelloise, les centres de jour et les services d’accompagnement ne seront finalement pas testés systématiquement. Seules les personnes présentant un ou des symptômes seront testées.

 

  • Enfin, la crise a bien suscité une réflexion sur un plan d’urgence pour les centres d’accueil : l’Armée organisait justement ce matin une formation à la gestion de crise sanitaire à tout le secteur du handicap.

 

SECTEUR HÉBERGEMENT

J’en viens maintenant au secteur de l’hébergement.

 

  • Le 18 mai dernier était adoptée une circulaire très demandée, la circulaire qui permettait et encadrait les retours en famille. Elle est aujourd’hui effective depuis 2 semaines, et le modus operandi qu’elle propose est le suivant :

 

Pour les enfants, les retours en famille sont autorisés moyennant l’accord et le rythme convenu avec la direction du centre d’hébergement. Le centre doit veiller à s’informer de la situation sanitaire de la famille et à lui rappeler les règles générales à respecter. Les mesures sanitaires prévues pour les nouvelles admissions ou un retour post-confinement sont également d’application lors du retour au centre d’hébergement après un séjour en famille.

Pour les adultes, dans le respect du bien-être du bénéficiaire, la direction du centre d’hébergement privilégie les visites aux centres selon les conditions prévues dans la circulaire du 21 avril 2020. Et si le bien-être de la personne handicapée le nécessite, elle analyse, en concertation avec la famille, les possibilités de retours en famille moins réguliers mais plus longs de façon à éviter des testing et confinements trop fréquents.

 

  • Concernant le centre de répit Intermaide, comme annoncé, il accueille 4 personnes par périodes de 15 jours jusqu’au 25 juin. Après cette date, la période d’accueil passera à 7 jours comme cela avait été demandé par les familles, et comme je l’ai déjà dit, à partir du 1er juillet, deux personnes en plus pourront être accueillies. C’est essentiel, les demandes des familles sont très nombreuses.

 

  • Vous me réinterrogez d’ailleurs sur d’éventuelles nouvelles mesures pour venir en aide aux aidants proches. Aujourd’hui, il n’y a encore rien de nouveau sur la table, néanmoins les asbl Aidants proches, jeunes aidants-proches et Fratria sont restées sur le pont et leurs subventions ont été également été garanties.

 

SECTEUR ACCOMPAGNEMENT DE JOUR

 

  • Venons-en maintenant aux centres de jour dont la fréquentation va croissante, en effet :

  • les 5 centres de jour pour enfants non scolarisés sont ouverts et en activité, avec 44 enfants (contre 24 la semaine dernière).
  • 6 centres de jour pour enfants scolarisés sur 8 sont ouverts, avec toujours seulement 67 enfants présents. 
  • Et 16 centres de jour pour adultes sur 20 accueillent aujourd’hui 230 bénéficiaires sur 630 places agréées (contre 182 il y a deux semaines).

 

Ces chiffres montrent que la reprise s’amorce doucement. Les demandes de retour recommencent, doucement également. La réouverture des écoles va forcément avoir un effet entraînant au sein des centres de jour pour enfants scolarisés.

Et je tiens ici aussi à adresser un message aux parents encore inquiets : dans le respect des règles de sécurité, les centres et les services d’accompagnement de vos enfants sont prêts à reprendre dans la plus grande sécurité les soins et l’accompagnement qui sont capitaux pour leur bon développement.

 

TRANSPORT SCOLAIRE

 

  • La réouverture des écoles est d’ailleurs un signal très positif qui va dans ce sens. Le retour à l’école dans le secteur spécialisé s’est bien déroulé. L’ensemble des circuits du transport scolaire ont été réorganisés de façon à pouvoir respecter les règles de distanciation sociale, en comptant cinq élèves maximum par minibus. Par ailleurs, en Région bruxelloise, et pour faciliter le transport scolaire, des solutions alternatives au port du masque ont été soumises à l’appréciation des experts du groupe de déconfinement.

  • Vu la reprise totale de l’enseignement maternel et primaire annoncée ce mercredi, les prochaines étapes pour le transport scolaire de la COCOF sont les suivantes :

 

  • Etant considéré que l’ensemble des consignes relatives au port du masque et des distances de sécurité doivent faire l’objet de concertation avec les forces syndicales et le SIPP, les circuits tels que planifiés pour la semaine du 2 juin resteront en l’état.

 

  • Le service complet devrait donc reprendre la semaine du 8 juin. Nous sommes actuellement en contact avec la FWB afin d’obtenir le nombre d’enfants effectivement concernés par cette reprise et le transport scolaire. Le service du transport scolaire est également en attente de nouvelles consignes relatives aux distances de sécurité et des éventuels assouplissements.

 

  • Dès réception de ces informations, le service du transport scolaire sera en mesure d’évaluer le nombre d’accompagnateurs et de circuits à mobiliser.
  • Enfin, vous me demandiez combien d’élèves ont repris le chemin de l’école. Dans le cadre du transport scolaire organisé par la Cocof, ils étaient 61 la semaine du 18 mai ; cette semaine ils étaient 128, et ils seront 379 la semaine prochaine. En termes de circuits planifiés, on passe de 39 circuits la semaine du 18 mai à 137 la semaine prochaine.

Quant à la prise en charge thérapeutique des enfants qui ne se rendraient pas à l’école, elle se fera par le centre d’hébergement ou le centre de jour.

 

  • Il me revient encore de vous répondre au sujet des sorties en petits groupesqui sont permises en France depuis le 15 mai. En Belgique, la même règle commune prévaut : elles doivent se faire avec deux personnes, toujours les mêmes, moyennant le respect de 1,5 mètres entre chaque personne, ou en compagnie de personnes vivant sous le même toit.

 

ENTREPRISES DE TRAVAIL ADAPTÉ

  • J’en terminerai avec la reprise des activités au sein des Entreprises de Travail Adapté. Elles sont depuis le 4 mai toutes en activité, mais comptent à peu près la moitié de leurs travailleurs ; leurs carnets de commande sont moins remplis, vu l’activité économique générale. Au niveau de la sécurité, le Service Phare a demandé à chaque ETA de produire un rapport détaillé des mesures de protection prises par l’entreprise. Ce rapport devait être validé préalablement par le service externe de protection du travail, et les ETA communiquent les mises à jour et le suivi des recommandations.

 

J’EN VIENS MAINTENANT À L’ENSEIGNEMENT

  • L’ensemble des établissements scolaires de la COCOF ont pu reprendre le 18 mai, grâce au travail important des équipes éducatives, au soutien de l’administration et du service interne de protection et prévention au travail (SIPP).

De façon unanime, les directions des différents établissements scolaires m’ont fait part du parfait déroulement de cette reprise des cours. Les membres du personnel attendus dans les différents établissements se sont tous présentés.

 

En ce qui concerne la présence des élèvesdans l’enseignement ordinaire, la rentrée du 18 mai concernait donc les élèves en classes terminales ; globalement, la population présente atteignait les 90%. Pour ce qui est de la rentrée du 25 mai, étaient concernés les élèves de 1ère et de 2ème secondaires. Le taux de présence actuel est d’environ 75%.

Par ailleurs, les écoles accueilleront à partir de la semaine prochaine certains élèves en difficultés dans le cadre d’activités de remédiation organisées sous forme de coaching, pris en charge par les enseignants.

Le suivi des élèves qui ne rentreront pas a été poursuivi grâce aux différents canaux de communication mis en place dans chaque école : appels téléphoniques, courriels, courrier postal, utilisation de la plateforme permettant la mise en place de l’e-learning.

 

Pour ce qui est de l’enseignement spécialisé, à l’Institut Gheude, qui n’accueille que des élèves de l’enseignement secondaire, le taux de présence tourne actuellement entre 75 et 80%. A l’Institut Herlin, en section fondamentale, le taux de présence tourne autour des 85% ; quant à la section secondaire, ce taux varie en fonction des jours de 50 à 70%.

 

  • Je peux également vous confirmer qu’au niveau du matériel de protectionl’ensemble des enseignants et des élèves ont bénéficié des équipements nécessaires et ont reçu chacun deux masques le jour de la rentrée.

Enfin, sur ce point, des concertations avec les représentants syndicaux ont eu lieu et auront encore lieu jusqu’à la fin de l’année scolaire selon des modalités propres à chacune des écoles.

 

  • A propos de l’offre scolaire numérique, un premier effort d’urgence a été réalisé pour mettre des ordinateurs à disposition des élèves qui en faisaient la demande. L’Administration de l’enseignement de la COCOF a été chargée d’établir un inventaire des besoins et un plan structuré, afin de mettre rapidement à disposition des élèves le matériel informatique nécessaire à leurs apprentissages. Il est notamment envisagé de disposer d’ordinateurs portables pour l’été dans l’optique d’une part, de permettre aux élèves en difficultés de réaliser les activités de remédiation et, d’autre part, de les utiliser aux cours des ateliers de raccrochage scolaire organisés sur le campus du Ceria et à l’Institut Gheude.

 

  • En ce qui concerne l’organisation des examens, dans l’enseignement obligatoire, toutes les épreuves certificatives ont été suspendues, par la décision de la Ministre de l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les évaluations formatives se poursuivront jusqu’à la fin de l’année scolaire, afin d’apporter un maximum d’éléments aux décisions finales des conseils de classe.

 

  • A la Haute Ecole Lucia de Brouckère, les examens en ligne ont bien démarré ce lundi 25 mai. Pour rappel, des ordinateurs ont été mis à disposition des étudiants dans le besoin et la possibilité est offerte de venir passer les examens sur le site du CERIA dans des locaux informatiques mis à la disposition des étudiants n’étant pas dans des conditions satisfaisantes pour les passer à domicile.

 

Au niveau du système informatique, la plateforme numérique s’avère performante et jusqu’à présent, aucun problème informatique n’est à déplorer. Un accompagnement des étudiants dans le processus de connexion et d’utilisation de la plateforme est organisé, avec actuellement peu de demandes ; les tests effectués depuis le 11 mai ayant manifestement porté leurs fruits.

 

Une soixantaine d’examens ont d’ores et déjà été organisés au cours des 3 premiers jours, avec au moins un examen dans chaque section (15 différentes) et pour chaque année (3 ans). Ainsi, sur base des données disponibles à ce stade, 1.362/1.714 utilisateurs uniques (enseignants et étudiants confondus), soit 80% des utilisateurs se sont connectés à la plateforme depuis le début de la session, avec un delta négatif de 352 utilisateurs qui peut s’expliquer par :

  • Les étudiants en année diplômante (474) qui n’ont pas encore eu besoin de se connecter (les TFE sont situés durant les dernières semaines des examens).
  • Les étudiants qui demandaient des « notes de présence » pour toute la session (et ne voulaient donc présenter aucun examen) pouvaient le faire par mail ; ils ne se sont donc pas connectés à la plateforme.
  • Des étudiants qui seraient en décrochage complet (nombre difficile à estimer).

 

  • Pour ce qui est de l’Ecole Supérieur des Arts du Cirque (ESAC), les premiers examens théoriques ont été organisés à distance sans difficulté particulière à relever.

 

  • Enfin, dans l’enseignement de promotion sociale, quelques évaluations ont eu lieu cette semaine, mais elles démarrent majoritairement à partir de la semaine prochaine. 

 

ET ENFIN, LA CULTURE

  • Je rappelle que la culture dépend de plusieurs niveaux de pouvoir. La Fédération Wallonie-Bruxelles est le principal pouvoir subsidiant du secteur pour les opérateurs francophones du pays. Le Fédéral intervient également de manière indirecte au niveau de l’emploi avec le statut d’artiste. Au niveau régional, la Cocof est sous la tutelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant les matières culturelles. Je vous invite d’abord à interroger la FWB quant aux mesures mises en œuvre dans le cadre de ses compétences.  En regard de l’architecture des guichets de financement de la culture, au niveau de la Cocof, il est difficile d’entrevoir de couvrir l’entièreté des pertes de recettes des opérateurs culturels, ceux-ci bénéficiant de financements multiples. C’est pourquoi, nous avons pris nos responsabilités tant au niveau du Gouvernement Régional Bruxellois que de la Cocof.

  • Mon Gouvernement a annoncé une aide exceptionnelle de maximum 1.500€ aux travailleurs de la culture. Je suis conscient de l’urgence quant à la mise en place des modalités pratiques d’octroi et mon équipe travaille à la création de ce fonds d’urgence de 5 millions d’euros en concertation avec les partenaires sociaux. Nous rappelons que cette mesure vise les artistes qui sont le plus dans le besoin. En seront exclus, les travailleurs qui bénéficient du droit passerelle ou du chômage temporaire. L’aide est destinée prioritairement aux travailleurs de la culture vivant sous le seuil de pauvreté et ne bénéficiant d’aucune aide. La prime de 2.000€ destinée à soutenir les asbl sera gérée par Bruxelles Economie Emploi. Je souligne que ces deux aides proviennent du Gouvernement Régional de Bruxelles Capital et non de la Cocof.

 

  • Au sein de la Cocof, nous avons dégagé un fonds de soutien de 1,2 millions d’euros soit 10% du budget Culture (hors fonctionnement de BX1). Nous travaillons à identifier les zones d’ombres en matière d’octroi d’aides pour que les plus petits opérateurs soutenus par la Cocof soient pris en compte par ce fond.

 

  • En ce qui concerne la réouverture des structures et institutions culturelles telles que les musées, je tiens à rappeller que la Cocof accorde des subsides en initiatives ou de fonctionnement pour des activités en lien avec l’accord de majorité du Gouvernement francophone bruxellois et non des subsides structurels. La Cocof n’est donc pas le principal pouvoir subsidiant et ne pourra pas intervenir dans l’achat de tickets pour compenser les pertes au niveau des billetteries. Par ailleurs, en regard de l’inspection des finances, nous devons faire appel aux marchés publics si nous désirons acheter des tickets provenant de structures culturelles. Cela ne signifie pas que nous ne laissons nos opérateurs sur le bord de la route,  nous souhaitons les préserver des impacts négatifs de la crise et les encourageons à déposer leurs dossiers de subvention auprès de l’administration. Les dépenses restent éligibles que l’événement soit annulé ou reporté en ce compris les dépenses liées aux engagements de prestataires dans le cadre d’un subside Cocof. L’enjeu sera de faire revenir les publics à la culture. Ce n’est pas qu’une question d’achat de places mais aussi une question de communication et de motivation. Cela passera aussi par le décloisonnement de la culture en la sortant des lieux clos pour la mettre dans des espaces urbains ouverts et plus accessibles avec moins de proximité physique entre les publics.

  • Pour les institutions culturelles qui ont rouvert leurs portes le 18 mai, comme les musées, le public est bien présent et enthousiaste de pouvoir reprendre certaines activités culturelles. Les bibliothèques soutenues par la Cocof n’ont jamais fermé et la plupart ont proposé un service « à emporter » pendant le confinement.
  • Les discussions à propos du déconfinement du secteur culturel et créatif se poursuivent  notamment lors de la conférence interministérielle du lundi 25 mai. Le secteur culturel par le biais de ses représentant a bien été entendu. Il reste qu’en cette période complexe, les mesures de déconfinement en vertu du cadre de procédure des pouvoirs spéciaux, restent entre les mains du fédéral. Par ailleurs, j’ai conscience que le secteur culturel et créatif bruxellois est vecteur d’emploi et de bien-être humain et économique, c’est pourquoi une invitation a été envoyée à des représentants du secteur pour une rencontre la semaine prochaine afin d’accompagner les acteurs culturels dans la reprise de leurs activités.
Recherche avancée…

pic01i_WB.jpg

Un parlement qui bouge