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04 octobre 2016 - Vernissage de l'exposition de Patricia de Solages

La photographe Patricia de Solages, artiste franco-mexicaine, a visité la fascinante Islande à de nombreuses reprises.

En introduction à l’exposition, parcourons « Calligraphie intime » de l’écrivaine  Natalie David-Weill. Ce texte donne à voir en filigrane, la fulgurance du travail de la photographe.

 

Calligraphie intime

 

Des photos de Patricia de Solages

 

L’Islande en février, c’est ce qu’a choisi de photographier Patricia de Solages. Mais loin de montrer des images réalistes, elle nous plonge dans de la calligraphie chinoise. En seize planches, elle dévoile une nature vierge - la neige, les cendres des volcans – en la transfigurant comme si un pinceau avait tracé dans l’espace des traits d’une poésie stupéfiante.

Un volcan en activité couvert d’un manteau de neige, où la glace et le feu se mêlent pour se transformer en une nouvelle matière. Le cadrage intime crée une illusion d’optique qui transfigure le réel. Dans l’une des photos, c’est une queue de baleine qui surgit coulée dans la lave. Dans une autre, la lumière vive met en relief la terre mise à nu, dévoilée à elle-même. Dans une troisième, de la fumée sort des entrailles de l’écorce, à l’origine du monde.

Patricia de Solages joue aussi avec les couleurs ; d’un glacier noir jaillit de la glace bleue comme autant d’inscriptions. Sur un versant de montagne, des traînées turquoises affleurent la roche et rendent le paysage vivant. Le surgissement du soleil fait danser les cendres. Des strates divisent la glace en différentes lanières imitant ainsi le tissu. Et l’imaginaire prend le relai ; c’est la grâce qui nous éblouit dans ces photos d’une précision telle qu’elles semblent abstraites.

En observant ces montages, on perçoit autre chose que de des pics de glaciers. Apparaissent sur un lac transparent, une forme d’animal, des moutons de mer, des nuages masquant partiellement le soleil et formant un dessin. Sur la page vierge s’inscrit un monde magique. On est ailleurs, dans la pureté.

En noir et blanc, la neige se mêle au papier dans un blanc étincelant, aurores boréales qui nous transportent dans un autre monde. On se perd dans cette nature infinie. L’on pourrait être au fond de l’océan, à contempler le jaune d’un coquillage au milieu des récifs, ou dans un tourbillon de cendres encerclant une chaîne de montagne. Ces photos exposent une cartographie imaginaire. Précision, suggestion, le papier devient la montagne et la cendre.

Patricia de Solages a d’ailleurs cherché longtemps le support qui pourrait, comme un trait, révéler la terre minérale et mettre en relief la montagne. Après plusieurs essais, elle a opté pour le papier japonais Agawami fabriqué à la main avec des fibres de bambou. Les défauts du papier amplifient le mouvement naturel des volcans et les différentes textures de la glace, lisse ou rugueuse.

On croit reconnaître un dessin de Michaux, ou une calligraphie de Fabienne Verdier, avant de comprendre que ces photos sont uniques. Pour réaliser cette matière vivante, l’œil, l’objectif et le cœur ont été mis sur le même plan. On est là, présent au monde, sans passé ni futur, fascinés par l’essentiel.

L’espace géographique, tel que le présente Patricia de Solages, est une écriture poétique, un déplacement onirique, un mouvement vers la beauté.

Natalie David-Weill

 

Exposition du 05/10 au 28/10 de 10h00 à 17h00.

Entrée libre : rue du Lombard, 77 à 1000 Bruxelles.

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